Page 1 sur 4

St Jacques de Compostelle.

Publié : 22 févr. 2009, 16:44
par Roy
Il sera ardu, apr?s un ?pistolier comme Jean-Marie de vous raconter ce voyage. Mais je vais le faire tout simplement et en esp?rant que cela vous donne, un jour, l'envie d'aller ? St jacques de Compostelle.
Avant de partir pour ce voyage, il faut savoir tout d'abord que dans notre groupe, un couple d'amis nous a accompagn? en portant dans leur sac ? dos le chagrin d'un fils qui avait choisi de ne plus vivre.
J'ai donc ?crit ces quelques lignes en pensant ? eux et pour tous les parents qui souffrent.

POURQUOI ???

o? est-il l'enfant, que nous avons cr?e.
Vers quel avenir, dans quel pass? ?

Quel paradis a-t-il cherch? ?
Quel enfer, il nous a laiss?.

Qu'avons-nous fait, pour que sa naissance,
Soit pour nous, symbole de souffrance ?

Nous l'avions tellement ch?ri,
Alors pourquoi n'a-t-il pas compris ?

Qu'il ?tait l'union de nos deux coeurs,
Que sa joie faisait notre bonheur.

Que de questions, nous nous sommes pos?es ?
Que de silences, pour ne pas le brusquer.

Pourquoi a-t-il fallu, que son destin,
N'ai pas suivi notre chemin ?

Et, qu'en cherchant sa raison,
Il s'?loign?t de notre maison ?

Quelles chim?res, quelles utopies,
Nous ont ?t? le fruit de notre vie ?

Dans quels m?andres erre-t-il ? pr?sent,
Si loin de nous, qui sommes ses parents ?

Si nous pouvions avoir la certitude,
Qu'en atteignant cette b?atitude,

Il soit parti l'esprit serein,
Nous aurions beaucoup moins de chagrin.

Etait-il le prix de notre amour....?
Mon coeur, je t'aimerai toujours.

ALLEZ VIENS...PREND MOI LA MAIN.


Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 22 févr. 2009, 19:15
par tilt_s
Beau r?sum? des interrogations qui hantent ? jamais ceux qui vivent le pire drame qui soit. C'est arriv? ? Jean Bernard un ami Harleiste qui nous accompagne souvent en balade, et au dela de toute croyance religieuse, je pense que ce pelerinage l? doit aider ? porter sa croix.
J'ai un autre ami absolument Pa?en qui en revient, compl?tement chamboul? par l'exp?rience, et les rencontres inoubliables qu'il a fait pendant cette qu?te de l' alter ego. Je ne dis pas que moi, celui qui ne crois pas en grand chose, et surtout pas en l'?tre humain, que je ne c?derai pas ? la tentation, le jour de ma retraite.:oui:

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 23 févr. 2009, 04:28
par Roy
Mais au d?but, ce fut Corn?lien. Et comme le camp?ador, nous partimes cinq cents du Puy en Velay. Mais par un prompt envol, pour cause de ...chaussures trop neuves, ce n'est qu'une poign?e d'amis, ayant compris le partage, qui se retrouva devant le tympan de l'abbaye de Conques.
Car, il serait risqu? d'oublier que ce chemin est jonch? d'?pines et d'embuches. C'est le sentier du renoncement, de la jubilation, du chant pouss? ? haute voix, des pleurs inexplicables et des pires insultes que l'on puisse adresser au ciel et ? ses saints. Un de ces hauts lieux de naufrages dispers?s dans le monde o? l'humanit? errante cherche d'illusoires rendez-vous.
Nous voulions l'accomplir d'un seule traite. IMPOSSIBLE ? r?pondu la vie.

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 23 févr. 2009, 10:43
par Roy
Le p?l?rinage est une initiation. Th?se pas toujours s?duisante.Travers?es d'?preuves, acquisition d'un savoir, modification de la personnalit? et du caract?re. On ne sort pas, de ce p?riple, identique ? ce que l'on ?tait avant. Celui qui fait ce chemin n'a pas besoin de preuves pour exister, car il est dans un autre monde.
Nous avons v?cu un long chass?-crois? de rencontres et s?parations, pertes et retrouvailles. C'est peut-?tre l? que s'incarne le mieux que dans n'inporte quel discours, l'esprit de marche, vers Compostelle.

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 23 févr. 2009, 16:03
par Jean-marie50
D?j? Le Puy-Conques,cela fait une bonne distance,?tes-vous pass?s par l'Aubrac et (ou) la Margeride ? Qu'avez-vous pens? physiquement de ce tron?on l? ? A quelle p?riode de l'ann?e l'avez-vous entrpris ? Combien de temps celA vous a-t-il pris ?
Pardonnez-moI de me montrer aussi "mat?rialiste" et curieux mais je suis tr?s int?r?ss? par votre entreprise..

On vous lit..On vous suit..On marche avec vous.

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 23 févr. 2009, 16:53
par Roy
C'est gentil de nous lire, de nous suivre. Et bien sur que nous avons travers? le plateau de l'Aubrac. Par un froid glacial et ? l'aide de notre GPS. Mais je resterai dans cet expos?, sur une reminiscence int?rieure et non g?ographique, afin de ne pas faire trop long. Car, il a fallu souvent revoir notre organisation. All?ger nos sacs ? dos, nous montrer vigilants face ? la fatigue. Apprentissage de la distance, de l'espace dans le d?sert de la m?s?ta, de la solitude,de la promiscuit? et de l'inconfort dans des g?tes tenant plus de l'infirmerie que du refuge. Se couper de nos habitudes, perdre nos statuts sociaux, aller tout seul avec sa gourde et son sac ? dos, lutter contre l'angoisse de l'erreur d'orientation. Et pourtant, cela s'apprend comme une le?on d'humilit

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 24 févr. 2009, 04:48
par Roy
Plaines, monts et vall?es...La France est une carte postale. Et toutes ces belles ?glises et cath?drales, sans oublier les petites chapelles et oratoires o?, ? mon humble avis, les pri?res me semblent plus profondes.
P?lerin, tu es celui qui passe. La marche ? pied permet de c?toyer la nature au lieu au lieu de la traverser. elle permet ?galement, de retrouver son corps et son esprit.
C'est une ?quipe soud?e, bien rod?e et en autonomie totale qui traversa vaillamment les dures pentes des pyr?n?es. Le corps, parfaitement entrain?, fonctionne comme une machine bien huil?e.
Ce n'est pas ? proprement parler une surprise, car nous avions puis? dans la pratique de nos grandes randonn?es, une certaine exp?rience. Pourtant...Rien n'est vraiment acquis et les m?t?os de montagne peuvent toujours r?veler des failles dans l'?difice.
De ce fait, au fil de kilom?tres qui ne se contentaient pas des milles m?tres r?glementaires, nous ne sommes plus que des naufrag?s du sentier.
Le psychisme renacle. Rien de grave. Juste une voix de contrebande qui n'en fini pas de r?p?ter que cela ne sert ? rien , que nous serions mieux chez nous, etc,etc...

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 24 févr. 2009, 15:36
par Roy
T'ES TOI et MARCHE. Et nous marchions. Certes assez loin les uns des autres. mais comment vous dire que, malgr? les apparences tout va bien, tr?s tr?s bien. Car nous menions le m?me combat. Combat sans cesse recommenc?. Pas une ?tape qui ne soit acquise par principe. M?me les plus faciles n?cessitent une vigilance serr?e.
Le chemin module nos plaisirs et nos douleurs jusqu'? l'insupportable. Pourquoi, pour des ampoules aux pieds, devient-on si fragile si loin de chez soi, sur ce sentier qui devrait tant nous fortifier???
POURTANT, C'EST UN CHEMIN QUI SEMBLE BIEN DOUX ? CEUX QUI ONT SOUFFERT AVANT DE LE PRENDRE

Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 25 févr. 2009, 04:47
par Roy
C'est ? Roncevaux, que nous avons assist? ? la plus belle messe chant?e. Pourtant, c'est en pleurs inexpliqu?s, que nous sommes sortis de l'?glise.
Le moral n'est pas remont?, en voyant le dortoir dans lequel, toute l'?quipe a essay? de me faire dormir. C'est une tr?s grande salle, avec une centaine de lits superpos?s...sur trois ?tages. Et l? encore, je passe les d?tails.
Avec ma t?te pr?te ? d?gainer "Durandal" mon opinel, j'effectue illico, un rapide demi tour et nous nous retrouvons dans la nature, ? une heure d?ja tardive. Le bivouac se fait sentir. H????? ! St Jacques. Tu commences ? me frictionner la coquille.
Miracle...Pour nous fortifier, nous nous surprenons ? chanter ariettes, ritournelles et hymnes militaires.
Car, un p?l?rinage ne doit pas ?tre triste, et surtout pas celui-l?. Et c'est, sans hontes, ni remords que nous avons pass? la nuit dans le confort d'un petit h?tel. Il fallait bien nous d?faire de l'?puisement dans lequel nous nous consumions, si nous voulions honorer l'ap?tre ? Compostelle.


Re: St Jacques de Compostelle.

Publié : 25 févr. 2009, 10:17
par Roy
Allez, quelques anecdotes. LA PETITE PHRASE:
Ils ?taient bien sympas tous ces lyc?ens qui marchaient pour la paix dans le monde. Nous faisions tous les jours, un bout de camino ensemble, riant et chantant avec eux. Certains nous maternant. Un jour, leurs pas ?tant plus rapides que les n?tres, je lan?ais d'une voix qui se voulait fringante " Allez-y jeunes gens, nous n'arrivons pas ? vous suivre, nous nous retrouverons ce soir "
Et pour nous consoler, l'un d'entre eux nous r?pondit:
CE N'EST PAS GRAVE, C'EST SEULEMENT PARCE QUE NOUS SOMMES BEAUCOUP PLUS JEUNES.